L’écriture de soi à Rome. Autour de la correspondance de Cicéron

Jean-Pierre De Giorgio

La conception de soi-même à Rome n’a que peu à voir avec celle qui semble triompher à la fin du XVIIIe siècle en Europe, où l’on assiste littéralement à la naissance d’un genre promis à un grand avenir : l’autobiographie. La correspondance de Cicéron, « ego-ducument » de première importance, fournit un angle d’étude particulièrement intéressant à cet égard. Elle témoigne, dans le cadre d’une sociabilité fondée sur les devoirs imposés par l’amicitia, des formes et des contraintes qui présidaient à la représentation de soi-même au sein de l’élite romaine. Mais surtout, inséparable des crises de la République tardive, elle développait un discours innovant où la priorité était parfois moins l’information que l’examen du rôle adéquat à jouer. Écrire devenait alors un art de l’évaluation des circonstances et de l’acte approprié : une technique de soi, développée avec les amici docti dans un cadre privé, une des formes que pouvait prendre à Rome le souci politique de soi-même.

Publication réalisée avec le soutien financier du CELIS

Références

Éditions Latomus, Bruxelles, p. 305.

ISBN : 978-90-429-3238-8

Prix : 51 EURO

Année de publication : mai 2015