Anachronismes porteurs

Faute méthodologique des plus graves pour l’historien - « péché entre tous irrémissible » (L. Febvre) -, l’anachronisme, lorsqu’il est présent dans des textes littéraires, des traductions ou des œuvres d’art, en revanche, peut constituer un objet d’étude des plus précieux. Acte délibéré ou involontaire - reconstitution « erronée » du passé, approche « obsolète » d’une thématique, choix formel considéré comme « désuet » - l’anachronisme peut ouvrir la voie aussi bien à une relecture du passé historique, des pratiques et textes littéraires antérieurs, qu’à une réinterprétation des temps présents et de la production littéraire contemporaine. Hétérotemporalité impliquant une relecture du passé et une réinterprétation du présent qui, si elles ont une valeur de « positionnement » par rapport au champ littéraire ou artistique où s’insère celui qui les propose, nous permettent aussi de penser autrement les rapports que nous établissons à la fois avec le présent d’où écrit l’auteur, avec le passé que cet auteur réinvestit et avec le présent d’où nous lisons ses textes. L’anachronisme est-il « une catégorie littéraire universelle » (J. Luzzi) ?

Le Dictionnaire raisonné de la caducité des genres littéraires (2014), élaboré dans le cadre du programme « Dynamique des genres littéraires » (2011-2016) du CELIS, examine la transformation des formes et des genres littéraires abandonnés à l’aune des conditions historiques et socioculturelles de réception et de « réhabilitation » de ces formes – et non pas à travers une simple analyse de la démarche heuristique menée par chaque auteur. Ce postulat, qui traduit un refus d’examiner la transformation des genres littéraires par une simple « projection rétrospective », a le grand intérêt de proposer des lectures nouvelles de textes qui ont tous en commun leur rapport à une « tradition générique » considérée comme disparue à notre époque ou au moment de leur « réhabilitation ». À travers le programme « Anachronismes porteurs », nous souhaitons approfondir et élargir cette réflexion théorique, en nous intéressant aux différentes modalités de décalage temporel suscité par des choix considérés comme inactuels, inopportuns, à contretemps, voire erronés sur le plan chronologique.

Nous comptons privilégier les axes suivants :

1. « Anachronisme en tant que sillon »

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2. « Anachronie : la singularité par l’inadéquation temporelle »

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3. « Anachronisme et historicité : richesse des représentations erronées du passé »

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4. « L’anachronisme érigé en code »

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« Actions envisagées »

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