Journée d’études : "Anachronismes contemporains"

Équipe : « Écritures et Interaction sociales »

Programme : « Anachronismes porteurs »

Mercredi 15 juin 2016

MSH de Clermont-Ferrand, à 9h00, Amphi 220

Pendant longtemps considéré comme la plus grave des fautes qui puisse être commise par un historien (L. Febvre), l’anachronisme a commencé à être réévalué positivement durant les dernières décennies. Sa dimension heuristique permettant de problématiser l’histoire (N. Loraux), l’anachronisme a été hissé au rang d’outil d’analyse de l’oeuvre d’art – où l’on décèle volontiers un « montage » de temps hétérogènes (G. Didi-Huberman). Il est alors perçu comme un « lieu commun » où se rencontrent histoire de l’art et étude de la littérature (R. Guidée), voire comme une « catégorie littéraire universelle » (J. Luzzi).

Le programme Anachronismes Porteurs, porté par le Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique (CELIS EA 4280), a pour but d’approfondir cette réflexion, en s’intéressant notamment aux limites des approches euchroniques – « l’artiste et son époque » – ainsi qu’à la place que l’anachronisme occupe dans l’écriture de textes littéraires et la création d’oeuvres d’art. Dans la lignée du Dictionnaire raisonné de la caducité des genres littéraires (2014), qui analyse le processus d’abandon et de « réhabilitation » des formes et genres littéraires, ce programme vise à examiner différentes modalités de décalages temporels suscités par des choix considérés comme inactuels et qui, pourtant, réactivés à partir d’un tout autre contexte historique et socioculturel, rencontrent un présent. Quels outils pour examiner la réhabilitation de procédés considérés comme désuets, l’élaboration d’oeuvres tenues pour inopportunes, le destin d’artistes dits inclassables ? L’anachronisme peut en effet surgir dès le moment de la création, ne constituant donc pas seulement un outil épistémologique permettant de décrire certains modes de réception des oeuvres.

Or, il n’est peut-être pas de champ où il soit plus difficile de déceler l’anachronisme que dans le contemporain. Tout acte de création porte la marque de l’époque qui le voit naître, il ressemble à son présent, qu’il reflète et diffracte, tout en le façonnant de manière active. Qu’est-ce qui, dans une oeuvre, diverge de ce présent ? Répondre à une telle question implique une réflexion consciente à la fois sur le Zeitgeist et sur le travail de façonnage du présent que propose l’oeuvre.

Celui qui s’interroge sur l’art contemporain se place à un moment où aucune distance temporelle ne sépare le créateur et le public d’une oeuvre. Il y a, du moins le présuppose-t-on, convergence entre une oeuvre et sa réception. Il s’agit d’une création dans le « maintenant », et destinée au « maintenant », adressée à ses contemporains mêmes. Comment anachroniser la perception du contemporain, comment dissiper cette « euchronie » qui est sans doute partiellement illusoire ?

Programme

9h00 Accueil des participants

9h15 Saulo Neiva (CELIS, EA 4280) : Présentation de la journée

Président de séance : Saulo Neiva (CELIS, EA 4280)

9h30 Cédric Loire (École Supérieure d’Arts de Clermont Métropole, ESACM) : L’anachronisme comme méthode.

Claire Gheerardyn (CELIS, EA 4280) : Mettre en anachronisme ? Quelques gestes de lecture.

10h30 Discussion et pause

Présidente de séance : Claire Gheerardyn (CELIS, EA 4280)

11h00 Jean-Charles Vergne (FRAC Auvergne) : L’anachronisme est inadmissible, d’ailleurs il n’existe pas.

Marianne Jakobi (Centre d’Histoire Espaces et Cultures CHEC, EA 1001) : Anachronismes et primitivismes : perspectives de recherche en histoire de l’art contemporain.

12h00 Discussion et pause-déjeuner

Présidente de séance : Géraldine Texier-Rideau (ENSACF/GRF Ressources)

14h30 Christian Drevet (École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand, ENSACF) : Anachronismes d’architecture.

Rémi Laporte (École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand, ENSACF) : Les anachronismes constructifs dans l’architecture du logement collectif.

Stéphane Bonzani (École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand, ENSACF) : Paradoxes de l’archaïque en architecture (sous réserve).

16h00 Discussion

16h30 Perspectives de collaboration

Responsable(s) Celis :  Claire  Gheerardyn / Saulo Neiva

Équipe(s) de Recherche concernée(s) :  Écritures et interactions sociales

Date et lieu

  • le mercredi 15 juin 2016 - lieu : MSH de Clermont-Ferrand salle 220