Frédéric Calas

Professeur des universités

Professeur de langue et littérature française à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand II.

Recherches en cours :

L’axe principal de ma recherche porte sur les modulations polyphoniques, notamment des instances identifiables, comme l’auteur, le narrateur, le personnage, la doxa, le on-locuteur, la citation, l’italique, le discours indirect libre, ou plus difficilement identifiables, comme les énonciateurs implicites ou inconscients, qui entrent en relation, dans les fictions romanesques, selon les modalités d’examen définies par l’analyse du discours. Après les premières recherches consacrées à l’analyse grammaticale de la langue (à la fois dans le corpus constitué des textes littéraires et des grammaires elles-mêmes), la réflexion s’ancre aujourd’hui dans le champ de l’analyse du discours. L’ensemble du parcours peut alors se comprendre comme une tentative de (se) donner à « penser le style », à partir de l’usage de certaines potentialités offertes par le langage, que des écrivains comme Marivaux, Montesquieu, Diderot et Rousseau, explorent et exploitent dans une période particulièrement active en matière de libération des paroles et des idées : le Siècle des Lumières. Vaste programme, certes, qui est moins un système qu’un quadruple « geste » analytique (conscience de l’histoire littéraire, esprit de synthèse, analyse grammaticale et linguistique des faits de langue et mise en œuvre discursive de ces faits dans l’écriture sensible des écrivains).

Un projet est en cours, intitulé : « Parler de loin ou parler sans fiction : quels sont les modalités propres à certaines configurations discursives dans la production du sens ? »

L’objet de cette recherche est de cerner les propriétés discursives de certains phénomènes ou de certaines opérations qui mettent en jeu des scénarios (avoués ou non, explicites ou non), de manipulation de la parole.

Manipulation peut s’entendre à la fois comme volonté de puissance exercée par un énonciateur sur un co-énonciateur, que comme recherche d’esquive face à la censure, au pouvoir, au discours dominant.

Sur la base des travaux de Ruth Amossy, Ph. Breton ou O. Ducrot, on cherchera à isoler des marqueurs et des opérateurs d’attaque ou d’esquive dans les discours des fictions du XVIIIe siècle. Sans que ce corpus soit limitatif, il sera largement privilégié, car il se révèle particulièrement réactif et productif pour examiner certains régimes complexes de production du sens.

Parler de loin – pour éviter le sens littéral, pour éviter la censure – suppose que le discours développe des mesures de contournement. Quels en sont les marqueurs ? Est-il possible d’en dresser la liste finie ? Quelle est la contribution apportée par les outils de traitement automatisés des textes en matière de repérage de camouflage ? Quels sont les « mots » porteurs (susceptibles) de porter le double sens, l’implicite, l’ironie ?

La question du sujet : est-il suffisant d’avoir identifié les marques du sujet pour conduire un travail d’analyse du discours ? Comment concilier un nécessaire cheminement d’aller et de retour entre les paramètres contextuels externes (historiques et littéraires) et les marqueurs linguistiques.

Mots-clés : analyse du discours, polyphonie, identité textuelle, ethos, stylistique, genres, littérature épistolaire, XVIIIe siècle.

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