Écriture et Histoire

Responsable scientifique : Catherine Milkovitch-Rioux

Omniprésente dans les œuvres du vingtième siècle, la guerre est très vite apparue comme un thème fédérateur pour les recherches de l’axe, ayant donné lieu dans le passé à des colloques importants. Le programme s’est poursuivi par des recherches spécifiques dans les littératures maghrébines, espagnoles, américaines, russes… Il est à l’origine d’un programme ANR (EVE) dirigé au sein de l’axe « Littératures 20/21 », par C. Milkovitch-Rioux, programme auquel collaborent également des chercheurs de l’équipe « Écritures et interactions sociales ». Le corpus de ces « écritures de guerre » est limité au domaine contemporain.

A) Écritures de guerre / écriture de la violence

Manifestations scientifiques 2015

Conférence de Véronique Léonard-Roques, « Grande guerre et genre (gendre) dans la fiction contemporaine pour la jeunesse », 21 mai 2015, à la bibliothèque de Lafayette, salle Massillon.

Manifestations scientifiques 2014

Journée d’étude, « Les Hétérotopies », 3 juin 2014, MSH de Clermont-Ferrand.
- Responsables scientifiques : Philippe Mesnard et Yoann Sarrat

Manifestations scientifiques 2013

Colloque international, États des lieux de la mémoire, 18-19 janvier 2013, Paris, Maison Heinrich Heine (Cité internationale universitaire de Paris)
- Responsable scientifique : Philippe Mesnard

Dans le cadre du projet ANR Enfance Violence Exil

Conférence, Les enfants de la Guerre d’Espagne, entre histoire et mémoire de Didier Corderot, vendredi 11 octobre 2013 de 14h à 15 à la bibliothèqye Abbé Grégoire, Festival Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois 2013

Colloque international, Enfance, violence, exil, 19-22 novembre 2013, MSH de Clermont-Ferrand. Inauguration de l’exposition Brauner à Clermont-Ferrand.
- Responsable scientifique : Catherine Milkovitch-Rioux

Manifestations scientifiques 2012

Dans le cadre du projet ANR Enfance Violence Exil

Colloque international, Enfants en temps de guerre et littérature de jeunesse (XXe-XXIe siècles), 18-19 octobre 2012, à la BnF et à l’Université Paris 13
- Responsables scientifiques : Catherine Milkovitch-Rioux et Jacques Vidal-Naquet

Colloque international, La littérature pour la jeunesse de l’entre-deux-guerres : renouveau et mutations, 27-28 septembre 2012, à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
- Responsables scientifiques :

Colloque international, Enfance, violence, exil et migration italienne, 1939-1979, du 20 au 22 juin 2012, Regensburg,
- Responsables scientifiques : Jean-Igor Ghidina / Nicolas Violle

Manifestations scientifiques 2011

Dans le cadre du projet ANR Enfance Violence Exil

Colloque international, « Enfances en guerre. Témoignages d’enfants sur la guerre », du 7 au 9 décembre 2011, UNESCO
- Responsable scientifique : Catherine Milkovitch-Rioux

Colloque international, « Les enfants de la guerre d’Espagne. Expériences et représentations culturelles », 9-10 juin 2011, IUFM d’Auvergne
- Responsables scientifiques : Danielle Corrado et Didier Corderot

Manifestations scientifiques 2010

Colloque international, « Kateb Yacine le migrant », du 27 au 29 avril 2010, MSH de Clermont-Ferrand
- Responsable scientifique : Catherine Milkovitch-Rioux

Publications :

Dans le cadre du projet ANR Enfance Violence Exil

Carnet d’un voyage Enfance violence exil, ouvrage collectif sous la direction de Catherine Milkovitch-Rioux, éditeur Reflets d’ailleurs, 2014, p. 107.

Enfants en temps de guerre et littératures de jeunesse (XXe-XXIe siècles, ouvrage collectif, sous la direction de Catherine Milkovitch-Rioux, Catherine Songoulashvili, Claudine hervouët et Jacques Vidal-Naquet, BnF/PUBP, 2013, 216 p.

Enfances en guerre. Témoignages d’enfants sur la guerre, sous la direction de Rose Duroux et Catherine Milkovitch-Rioux, Georg éd., 2013, 272 p.

Les enfants de la guerre d‘Espagne. Expériences et représentations culturelles. Témoigner. Entre histoire et mémoire, En collaboration avec Didier Corderot, Ed. du Centre d’Etudes et de Documentation Mémoire d’ Auschwitz (Bruxelles)/ Kimé (Paris), n° 112, Kimé, 2012.

J’ai dessiné la guerre. Le regard de Françoise et Alfred Brauner, sous la direction de Rose Duroux et Catherine Milkovitch-Rioux, Clermont-Ferrand, PUBP, 2011, 158 p.

I Have Drawn Pictures of the War. The Eye of Françoise and Alfred Brauner [Version anglaise. Trad. Anne Garrait-Bourrier, Philippe Rapatel dir.], PUBP, 2011.

Autres publications :
Catherine Milkovitch-Rioux : (Buchet Chastel) Mémoire vive d’Algérie. Littératures de la guerre d’indépendance (monographie), 2012

B) Voies(x) mineures et processus de résistance

(Responsable Anne Garrait-Bourrier)

Ce programme de l’équipe « Littératures XX/XXI » dirigée par Anne Garrait-Bourrier envisage de prendre en compte les processus de résistances aux normes (génériques, culturelles, genrées ou autres) que les littératures « mineures » - le terme sera défini ci-après – sont amenées à développer afin de permettre au hors-texte d’exprimer ce que le texte, dans sa forme la plus traditionnelle, ne permet pas toujours de dire. Les littératures ici envisagées sont à entendre comme des œuvres de témoignage culturel permettant un décodage du contexte (biographique, para textuel ou historique) dans lequel elles s’expriment.

1) Les voie(x)s mineures

Les littératures « mineures » sont à entendre de plusieurs manières. La plus évidente sans doute est celle qui consiste à associer ces littératures aux littératures dites ethniques, ou issues de groupes minoritaires. Il s’agit là d’un tropisme essentiel de cet axe mais il n’est en aucun cas exclusif d’autres formes de minorations de l’écriture.

Le verbe « minorer », dont s’inspire Deleuze, tend à indiquer que ces littératures se développent lorsque se met en place une stratégie visant à diminuer la valeur ou l’importance d’un groupe, d’un sujet ou d’un auteur - minorer peut signifier « soustraire », « réduire ». C’est déjà ce processus là de réduction, d’amoindrissement, qui place le sujet écrivant en situation de mineur et son témoignage littéraire en situation de production « minorée ». Cette première définition sera le point de départ de nos analyses. Le verbe « minoriser » pourra également être pris en compte. Il renforce le verbe « minorer » d’une contrainte seconde qui mène alors à l’hyper minorité ; ce mot et le concept qu’il sous-tend indiquent une soumission d’ordre plus psychologique, des violences réelles, physiques ou psychologiques (Mounier, 1946, p. 441). Au processus d’amoindrissement s’agrège alors celui de l’humiliation, du rejet, du mépris (voir les stratégies d’assimilation culturelle imposées à des groupes déjà mineurs du fait de leur ethnicité et les productions littéraires en découlant). Les littératures auxquelles nous nous attacherons seront donc tout autant minorées – car issues d’auteurs en situation de domination - que minorisées par les contextes dans lesquels leurs auteurs évolueront, et qui, bien souvent à l’instar de ce qu’écrit Paré, « … vacillent donc entre une gloire un peu surfaite et le désespoir de n’arriver à engendrer que de l’indifférence » ( 21).

Les auteurs utilisant la littérature comme moyen et outil d’expression culturelle « vitale » ou de survie, et non simplement comme une démarche esthétisante ou comme une expérience structuraliste, produisent de fait des œuvres qui expriment ce double processus de minoration et une littérature dont les stratégies d’écriture sont directement impactées par ces effets d’étouffement que Deleuze a su analyser dans Mille plateaux ou Critique et Clinique (bégaiement, béances, créolisation, lignes de fuites…).

Ces auteurs peuvent être considérés comme des témoins, des passeurs. Ils ressentent tous à la fois un isolement (une forme de rejet de la part des tenants des « normes » et des canons qui structurent leur environnement) mais aussi un réel besoin de reconnaissance de leur identité propre et une urgence de communication avec les membres de leur propre communauté (d’où la nécessité pour eux de développer des stratégies d’encodage identifiables par les membres de leur groupe, quel qu’il soit). Nous percevons la flexibilité et le caractère sans doute relatif de ce qu’est le « mineur » (car sa définition est tributaire des regards portés sur elle, ethno centrés ou bien exogènes). La notion même d’isolement, comme celle d’exigüité, est plastique comme le souligne Robert Major : « la notion d’exigüité est, en somme, élastique. Les écrivains québécois peuvent souffrir de leur marginalité, mais celle-ci n’a aucune commune mesure avec celle des petites cultures, qui n’ont aucun support étatique ou qui sont à la limite de l’intelligibilité, puisqu’elles sont hors de grandes langues et dépendantes de la traduction ». (in Paré, 1992, 22).

Mais de cette plasticité nait la variété des approches du mineur envisagée dans cet axe (qui n’exclut pas les regards sociologiques, civilisationnels, historiques ou ethnographiques), mais aussi la variété des supports culturels proposés (les voies/voix sont multiples), car au-delà de la littérature, les artistes « mineurs » - souvent définis par Deleuze comme ayant « du génie » - utilisent les arts visuels et plastiques pour exprimer une identité contrainte. Cet axe entend donc décloisonner les genres, les regards et les objets autour d’un même concept, le mineur.

2) Résistance, résilience, renaissance :

Dans les cadres définis plus haut, seront décryptées les stratégies d’opposition aux divers processus de minoration et de minorisation identifiés en amont, des stratégies de résistance culturelles qui peuvent même tendre à un repli sur soi, à une hyper « minoration » de soi, dans un environnement moderne qui, lui, tend à effacer les différences et à standardiser les modes de vie et les façons d’être. La minorisation ne peut être vécue que dans la chair « vive » dit Paré, et l’étudier fait entrer le chercheur dans un processus qui n’est « ni du misérabilisme ou du mauvais théâtre : c’est plutôt une des conditions positives de la création » (Paré, 19), tant pour celui qui vit la minorisation – l’objet d’étude – que pour celui qui l’étudie, et se doit d’être « créatif ». Les anthropologues américains Robert L Welsch et Kirk M . Endicott ont développé en 2006 l’idée que les études en anthropologie culturelles – regroupant les champs qui nous intéressent ici, géographie humaine, littératures, sociologie… - menaient inévitablement à un tiraillement entre « empathie » et « objectivité ». Dans Taking Sides, Clashing Views on Controversial issues in Cultural Anthropology, ils analysent clairement ce tiraillement et prônent, ce que nous ferons avec eux, le choix d’une voie moyenne, entre humanisme scientifique et recherche de solutions. Très conscient de cela, il nous a semblé tout à fait pertinent de passer, pour ces groupes là, de la notion de résistance, fondatrice, à celle plus psychologique et relevant de l’anthropologie culturelle - revendiquée par Paré lui-même - de résilience. Il nous semble important d’ouvrir des concepts qui semblent s’être fermés à s’être trop frottés à une seule grille critique (par exemple, le concept de « résilience », obsessionnellement raccroché à l’outil psycho-critique…, l’est trop peu à celui de la socio-critique).

La coexistence de grands mouvements contradictoires, l’affirmation officielle du multiculturalisme ou de politiques multiculturelles alors que sur le terrain humain, dans le territoire littéraire, existe une distance et une homogénéisation au profit des cultures dominantes, mettent régulièrement à mal les individus ou les groupes qui tentent de résister politiquement en utilisant leur art et les font glisser dans une autre forme de résilience.

La résistance peut-elle être une fin en soi, l’identité peut-elle se construire contre et en dehors d’un groupe, d’un genre, d’une norme esthétique ?

La résilience culturelle des groupes/d’auteurs minoritaires et minorisés peut apparaître comme une gageure. Or, la résilience – fut-elle littéraire - est une capacité à s’épanouir, à exister positivement malgré des traumatismes de plus ou moins grande ampleur, elle dépasse et transcende l’échec de la résistance culturelle. Boris Cyrulnik parle « d’une déchirure raccommodée » (2003, p. 19). C’est vers cette vision positive et moins victimaire qu’au cours de ses travaux François Paré a lui aussi évolué, depuis Distance habitée (2003), même s’il n’est pas simple de raccommoder ni de s’accommoder de sa condition.

Actions/calendrier

Manifestations scientifiques 2016

Colloque international, « Voiex)s mineures, témoignage et culture », 23-24 et 25 novembre 2016, MSH de Clermont-Ferrand.

- Responsables scientifiques : Anne-Garrait-Bourriet et Philippe Mesnard

Supports critiques :

- ARENDT Hannah, La crise de la culture, Paris, Ed. Gallimard, coll. “Folio Essais”, n°13, 1972.
- BARTHES, Roland, Système de la mode, Paris : Seuil, 1967
- BOURDIEU, Pierre, Le Déracinement, Paris, Editions de Minuit, 1964.

- , La Domination masculine, Edition du Seuil, 1998.

- CHAMOISEAU Patrick, Ecrire en pays dominé, paris, Gallimard, 1977.
- CYRULNIK, Boris, Le Murmure des fantômes, Odile Jacob, Paris, 2003.
- DELEUZE, Gilles, Dialogues (co-écrit avec Claire Parnet). Paris : Flammarion, 1977.

- , Kafka, pour une littérature mineure. (co-écrit avec Félix Guattari) Paris, Editions de Minuit, 1975.

 -, Critique et Clinique, Les Éditions de Minuit, Paris, 1993.

- , L’île déserte et autres textes (textes et entretiens 1953-1974), Paris : Editions de Minuit, 2002.

- DERRIDA, Jacques, Marges de la philosophie, Paris, Les Editions de Minuit, 1972.

- , Points de suspension, Paris, Galilée, 1992.

- GRUSINSKY Serge, La pensée métisse, Paris, Fayard, 1999.
- MOUNIER, Emmanuel, Traité du caractère, éditions du Seuil, Paris, 1946
- PARÉ, François, Les littératures de l’exiguïté, Le Nordir, Ottawa, 1992.

- , Distance habitée, Le Nordir, Ottawa, 2003.

- RICOEU,R Paul, La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, Paris, Seuil, 2000.
- TODOROV, Tzvetan, La littérature en péril, Flammarion « Café Voltaire », 2007.
- WELSCH, Robert (ed), ENDICOTT Kirk M. Taking Sides, Clashing Views on Controversial issues in Cultural Anthropology, Book Holders, College Park, MD, 2006.

Manifestations scientifiques 2015

Séminaire-table ronde octobre 2015 : Voies/Voix mineures et témoignage. -Co-organisé par Philippe MESNARD et Anne GARRAIT-BOURRIER

Objet : regrouper et fédérer sur Clermont-Ferrand un groupe de chercheurs susceptibles de co-porter un colloque international en 2016 sur le thème conjoint de la permanence et de la transmission à travers la littérature « mineure ».

Manifestations scientifiques 2012

Journée d’étude, « Résistances culturelles et formes de résiliences ethno-spatiales : le cas des minorités isolées en Amérique du nord », 7-8 juin 2012, MSH de Clermont-Ferrand.

Publications :

Minorités isolées en Amérique du Nord : résistances et résiliences culturelles , co-dirigé par Anne Garrait-Bourrier et Franck Chignier-Riboulon, collection CERAMAC, N°32, PUBP, 2013.

Les Minorités nationales et ethniques : entre renouvellement et permanence, co-dirigé avec Franck Chigner-Riboulon et Stephane Rosière, revue internationale en ligne BELGEO, n°3/2014, publié en juin 2014 : Belgeo.revues.org.

Anne Garrait-Bourrier, entrée « Cultural Studies », Encyclopédie en ligne du témoignage, fondation Auschwitz, dirigée par Philippe Mesnard, 2015.

Participation à la revue internationale Témoigner, dir. Philippe Mesnard, sur « Le génocide indien : un génocide éprouvé ? mars 2015.

C) SEVENTH FRAMEWORK PROGRAMME OF THE EUROPEAN UNION

= Projet européen TRANSIT (1janvier 2013 - 31 décembre 2016) : « Transnationality at Large : The Transnational Dimension of Hispanic Culture in the 20the and 21 st Centuries » (Resp. Philippe Mesnard). Le CELIS est partenaire.