L’IDÉE DE RÉVÉLATION COMME LIEU COMMUN DU VOYAGE

Projet de Recherche Les lieux du voyage : genres, esthétique, idéologie

Responsables : Catherine Morgan-Proux (UBP / CELIS), Saulo Neiva (UBP / CELIS), Nathalie Vuillemin (Fonds National Suisse, FNRS / CELIS, post-doc), Philippe Antoine (UBP/CELIS). En partenariat avec La Biennale du Carnet de Voyage.

Séminaire de recherche

L’idée de révélation comme lieu commun du voyage

Calendrier

N.B. Les séances auront lieu à la Maison des Sciences Humaines, 4 rue Ledru, Clermont-Ferrand, en salle 311.

Jeudi 13 janvier, 18h00-19h30 :

Philippe Antoine et Nathalie Vuillemin : présentation du projet

Philippe Antoine : « La révélation comme lieu commun : le cas de la topographie » (télécharger l’exemplier dans les documents joints ci-dessous).

Mercredi 9 février, 17h30-19h00 :

Sébastien Baudoin : « Le paysage en marche : détours et méandres de la révélation dans quelques récits de voyages de Julien Gracq »

Jeudi 24 mars, 18h00-19h30 :

1) Bertrand Westphal (Limoges) : « Cabeza de Vaca et la révélation de l’Autre »

2) Renata Listikova (Prague) : « L’Europe centrale et la Bohème chez les romanciers français du XIXe siècle : lieu commun ou révélation ? »

Mercredi 20 avril, 17h00-18h30 :

1) Catherine Morgan-Proux : « Vernon Lee et la révélation du "génie des lieux" »

2) Nathalie Vuillemin : « La révélation d’une histoire révolue : lectures scientifiques du paysage par les voyageurs en Amérique du Sud (1750-1830) »

Jeudi 19 mai, 18h00-19h30 :

MSH - salle 311

1) Assia Mohssine : « Les voyageurs mexicains en Terre Sainte (XIXe s.) » (voir affiche ci-dessous)

2) Odile Gannier (Nice) : « Fortune de mer, naufrage et perdition : un lieu commun de la révélation maritime ».

Une séance de conclusion sera fixée, d’entente avec les participants, dans le courant du mois de juin.

Pour toute information, vous pouvez contacter : Nathalie Vuillemin (nathalie.vuillemin@gmail.com) Philippe Antoine (philippe.antoine8@wanadoo.fr)

Descriptif du projet

À partir de janvier 2011, les équipes « Lumières et romantismes » et « Écritures et Interactions sociales » du CELIS sont invitées à se réunir une fois par mois dans le cadre d’un séminaire de recherche consacré aux « lieux communs du voyage », initié par Philippe Antoine et Nathalie Vuillemin.

Par « lieux communs du voyage », nous envisageons la rencontre entre les lieux rhétoriques ou topoi de l’expérience et de l’écriture – arguments qui légitiment et valident le voyage et sa mise en livre, situations topiques, rituels, etc. – et les lieux géographiques, souvent à ce points ensevelis sous les considérations qu’ils sont indissociables des propos qu’ils ont suscités. Il est impossible, à une certaine époque au moins, de franchir les cols des Alpes qui mènent à l’Italie sans dire que l’on s’est fait « ramasser », sans évoquer Hannibal ou sans user de ce locus terribilis dont Rousseau avait fixé la configuration dans ses Confessions. L’auteur est fréquemment contraint d’engager une négociation avec les discours qui ont décrit la chose vue et d’ajouter encore aux dits des prédécesseurs, fût-ce de manière ironique. Il faut bien, si l’on se dit voyageur et que l’on prétend « découvrir », tenir compte de tous ces mots qui recouvrent le réel, s’affranchir des clichés inlassablement répétés ou les reprendre au contraire en ayant soin de signaler leur pertinence.

En fin de compte, le récit de voyage n’est-il pas un ensemble de matrices prêtes à susciter des développements obéissant à certains codes discursifs, prêtes à s’actualiser en thématiques – impliquant l’usage de clichés et lieux communs ou de marqueurs idéologiques ? Il pourrait dès lors être intéressant de tenter d’en dégager les constantes et le mode d’organisation. Une sorte de répertoire raisonné des « mythologies » du récit de voyage pourrait être l’aboutissement d’une telle réflexion, nourrie du dialogue entre l’analyse des « représentations sociales comme éléments dynamiques de la création littéraire », une poétique des lieux, et du genre viatique.

Dans cette perspective, l’idée de « révélation », telle qu’elle s’incarne à travers des corpus d’époques et d’aires culturelles diverses nous apparaît comme une entrée intéressante dans l’espace des lieux communs du voyage. La révélation, en effet, répond, dans les récits les plus modernes, à la tentative de donner un sens symbolique au voyage. Elle est en tous les cas une forme d’arrêt dans le voyage, qui poussera à la redéfinition des buts ou des présupposés initiaux, mais engagera également une réflexion sur l’écriture elle-même, son aptitude à saisir l’expérience viatique – quitte à suggérer une redéfinition du genre viatique.

L’accès à une réalité insoupçonnée, ouvert par le motif de la révélation, pourra se décliner sous plusieurs formes :

• Très concrètement, la révélation peut résulter d’une rencontre : rencontre avec l’autre, avec le divers, qu’il soit être humain ou objet esthétique sous toutes ses formes. Le sujet peut alors être confronté à une forme de nouveauté sidérante qui l’oblige à reconsidérer ses modes d’appréhension de la réalité. Ou, au contraire, rencontrer un objet attendu, « balisé », mais non moins troublant, qu’il aura alors pour tâche de s’approprier par le langage.

• Expérience des limites, la révélation représente bien souvent l’émergence d’une forme de dépassement – dans une acception philosophique ou mystique, mais également physique et géographique. Les passages de col, de ligne, les suites d’accidents tels que tempêtes, naufrages, etc., sont souvent les moments privilégiés de cette réflexion polysémique sur le sens du voyage : où va-t-on, ou allait-on, et que cherche-t-on, en fin de compte ?

• La révélation, enfin, dans le champ scientifique ou plus généralement cognitif, pourra rejoindre une forme de soudaine compréhension de l’espace ou des êtres de l’ailleurs, compréhension à large échelle qui engage également les méthodes du voyageur, ses présupposés, et sa vision générale du monde.

• Ces quelques pistes, en fonction des corpus de chacun, pourront bien entendu être exploitées sous d’autres angles. L’idée serait ici de confronter à travers des textes variés les différentes formes que prend la révélation en éprouvant sa valeur de lieu commun : quand la révélation a-t-elle lieu ? Dans quels termes ? Que signifie-t-elle dans l’économie globale du récit ? etc.

Responsable(s) Celis :  Philippe Antoine / Catherine Morgan-Proux / Saulo Neiva / Nathalie Vuillemin

Programme(s) concerné(s) :  Les lieux du voyage : genres, esthétique, idéologie

Date et lieu

  • le jeudi 13 janvier 2011 de 18:00 à 19:30 - lieu : MSH Clermont-Ferrand, salle 311
  • le mercredi 9 février 2011 de 17:30 à 19:00 - lieu : MSH Clermont-Ferrand, salle 311
  • le jeudi 24 mars 2011 de 18:00 à 19:30 - lieu : MSH Clermont-Ferrand, salle 311
  • le mercredi 20 avril 2011 de 17:00 à 18:30 - lieu : MSH Clermont-Ferrand, salle 311
  • le jeudi 19 mai 2011 de 18:00 à 19:30 - lieu : MSH Clermont-Ferrand, salle 311