Syncrétismes mythologiques et littératures

Séminaire sous la direction de Maria Benedetta Collini et Pascale Auraix-Jonchière.

Contact : CELIS@univ-bpclermont.fr

Présentation

Ce séminaire, qui s’est ouvert en mai 2011, envisage un travail autour de la notion de syncrétisme dans différentes disciplines, pour trouver des concepts et des méthodologies qui puissent se révéler opérationnels dans l’analyse littéraire des mythes.

La notion de syncrétisme demeure encore aujourd’hui très indéterminée ; le terme trouve son emploi principal dans le cadre de l’histoire et de la science des religions, pour lesquelles il indique un mélange d’éléments structurels, cultuels et doctrinaires (une anthologie des articles les plus représentatifs sur le syncrétisme dans l’histoire des religions se trouve dans Anita Maria LEOPOLD, Jeppe Sinding JENSEN (dir.), Syncretism in religion, New York, Routledge, 2004). Le concept s’est ensuite étendu à d’autres champs d’étude, et il est désormais habituellement employé dans la théologie, l’anthropologie, la philosophie, l’histoire de l’art et de la musique, contextes dans lesquels il reçoit parfois des connotations plutôt négatives.

Avec le changement de domaine d’étude, le mot, assez imprécis dès ses origines, s’est élargi jusqu’à désigner synonymiquement la prédisposition de l’esprit humain à mélanger des concepts de provenance différente pour les faire fusionner en une nouvelle unité, à l’intérieur de laquelle on peut toutefois encore apercevoir les apports originaires.

Dans son acception la plus vaste, il résume la structure de l’imaginaire dans laquelle les principes d’analogie et de similitude prévalent (coïncidant ainsi avec les “structures antiphrastiques” du “régime nocturne” de l’imaginaire identifiées par Gilbert DURAND, Les Structures anthropologiques de l’Imaginaire. Introduction à l’archétypologie de l’Imaginaire, Paris, PUF, 1960). Pourtant le syncrétisme, tant comme terme technique que comme concept, n’a pas eu un grand succès dans les études littéraires : aucun texte spécifique ne s’occupe du syncrétisme en littérature, bien que le problème soit parfois évoqué dans les travaux de mythocritique ou dans des études spécifiques, souvent en concurrence avec la notion de coalescence proposée par Anne Geisler-Szmulewicz (Anne GEISLER-SZMULEWICZ, Le Mythe de Pygmaglion au XIXe siècle. Pour une approche de la coalescence des mythes, Paris, Champion, 1999).

Le séminaire se déroulera autour de trois axes de travail, qui pourraient coïncider avec trois demi-journées. Le premier se propose d’enquêter sur les différentes interprétations et utilisations du syncrétisme dans des disciplines des sciences humaines comme la science des religions, la philosophie, l’anthropologie, la sociologie, les arts plastiques ou la musique. Dans un second temps, la réflexion se concentrera sur la littérature, en deux temps : il s’agira d’abord d’envisager une recherche diachronique en s’attardant sur les époques qui connaissent le plus considérable essor de cette structure (Antiquité et Hellénisme, Renaissance, XIXe siècle, mais aussi la littérature francophone contemporaine) ; enfin, la dernière étape sera consacrée à des études de « cas » de syncrétisme mythologique au XIXe siècle, en portant une attention particulière aux raisons qui poussent les auteurs à avoir recours à ce procédé.

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Séances précédentes :

Le syncrétisme en littérature : le XXe siècle, illustrations

Vendredi 30 mars 2012

09h00 : Catherine Ebert (Université Charles – Prague) : « Narcisse et Adam : miroir et moire du symbole »

10h00 : Liana Nissim (Università Statale de Milan) : « Syncrétismes africains »

11h 00 : Pause

11h30 : Marc Blancher (CELIS, Université Blaise Pascal – Clermont II) : « Élémentaire, ma chère Salander, ou le syncrétisme propre à la forme policière »

Le syncrétisme en littérature : le XIXe siècle, illustrations

Vendredi 27 janvier 2012

MSH de Clermont-Ferrand, Amphi 220

09h30 Anne Geisler-Szmulewicz (IUT Evry) : « À propos du rapprochement entre les mythes : coalescence et syncrétisme, quelles différences ? »

10h30 Marco Modenesi (Università Statale de Milan) : « Dédoublement, superposition, syncrétisme dans les romans d’Édouard Schuré »

14h30 Pascale Auraix-Jonchière (CELIS, Université Blaise Pascal – Clermont II) : « Modalités et fonctions du syncrétisme mythologique dans Jeanne et Isidora de George Sand »

15h30 Maria Benedetta Collini (CELIS, Université Blaise Pascal – Clermont II) : « Arianes féeriques au tournant du siècle »

Le syncrétisme en littérature : parcours diachronique

Vendredi 2 décembre 2011

MSH de Clermont-Ferrand, Amphi 219

09h30 Alain Polguère (ATILF, CNRS – Nancy-Université) : « Du syncrétisme à SYNCRÉTISME : perspective lexicographique »

10h00 Jean-Pierre Dubost (CELIS, Université Blaise Pascal – Clermont II) : « Le syncrétisme des genres dans les fragments de lʼAthenäum »

11h30 Hélène Vial (CELIS, Université Blaise Pascal – Clermont II) : « Les Métamorphoses dʼOvide, ou le syncrétisme mythologique fait poème »

Le syncrétisme au carrefour des sciences humaines

Vendredi 27 mai 2011

MSH de Clermont-Ferrand, Amphi 219

Voir l’affiche ci-dessous.

9h00 Natale Spineto (Università degli Studi di Torino)

10h00 Baptiste Meles (PHIER, Université Blaise Pascal – Clermont II)

11h00 Gérard Loubinoux (CELIS, Université Blaise Pascal – Clermont II)

14h00 Fabienne Colas-Rannou (CHEC, Université Blaise Pascal – Clermont II)

15h00 Benjamin Thomas (Université de Lille III)

16h00 Olivier Sécardin (Cornell University) en visio-conférence

Responsable(s) Celis :  Pascale Auraix-Jonchière / Maria Benedetta Collini

Date et lieu

  • le vendredi 27 mai 2011
  • le vendredi 2 décembre 2011
  • le vendredi 27 janvier 2012
  • le vendredi 30 mars 2012