L’Œuvre de Miguel Hernández à partir de 1934. Les révolutions d’une voix

Bénédicte Mathios

Il existe une difficulté certaine à parler aujourd’hui de la poésie de Miguel Hernández (1910-1942), parce que beaucoup de choses ont été dites au sujet de cette œuvre qui passionna — et divisa — les critiques français et espagnols. Ce qui trouble l’esprit, en outre, est la parfaite adéquation de la vie de Miguel Hernández avec sa poésie, que l’on ne saurait comprendre sans la nécessaire connaissance d’une existence fulgurante, au cœur des événements politiques et de la guerre civile ayant secoué l’Espagne pendant les années 1936-1939. De El rayo que no cesa (1936) à Cancionero y romancero de ausencias (1938-1942), en passant par la poésie engagée, Miguel Hernández atteint une condensation du poème qui, liée à un vécu personnel tragique, offre un propos universel. Le poème touche alors à une limite ténue entre journal intime et incarnation poétique, évocation d’une expérience où coexistent vie et mort, présences et absences. En cette année où le centenaire de la naissance de Miguel Hernández est célébré en Espagne et en France, il est enthousiasmant de réfléchir à la portée de ses écrits, à l’aune de nouvelles lectures — parmi lesquelles celle proposée par cet ouvrage, que suscite la richesse toujours actuelle de cette œuvre.

Références

PUF, coll. CNED, 176 p.

Année de publication : 2010