Henry James. Le principe spectral de la représentation

Richard Anker

Au-delà d’une clôture de la représentation dont la forme ne saurait être ni indivisible ni totalisante et qui, à l’image du « tour de vis », traverse le sujet plus qu’elle ne le délimite, ce livre tente de suivre dans l’œuvre de Henry James la pensée d’une mimésis « originaire ». Rien d’étonnant à ce que « La Muse tragique » (1890), que l’auteur considérait lors de sa rédaction comme son « dernier grand roman », porte sur le théâtre, puisque celui-ci fournit d’une certaine manière l’assise de la représentation jamesienne. Mais dans l’achèvement du roman spéculatif, c’est, en-deçà de toute représentation théâtrale, spectaculaire et imitative, l’irrévélable mimésis qui se fait jour. Ou qui fait retour, comme si la décision prise et reprise contre elle depuis la scène inaugurale de la philosophie (et de la détermination esthético-métaphysique de l’art) s’était épuisée, ou mieux, s’était mise en suspens. En effet tout commence chez James à partir d’un certain retour mimétique qui suspend l’activité représentante, fictionnante, schématisante du sujet (si tant est que cette activité lui soit propre) tout en la constituant. Il s’agit donc de retracer, au moyen d’une lecture patiente de quelques textes exemplaires, le pas en arrière qu’effectue l’écriture tardive de James vers ce retour, là où s’originent l’œuvre, la représentation, la pensée, le rêve, le fantasme, et là où se joue, de toute évidence, l’avenir de la littérature.

Publication avec le soutien financier du CELIS

Références

Paris, Hermann, Collection « Savoir lettres », 460 p.

SBN : 9782705681821

Année de publication : juin 2013