Journée d’étude, "Hétérotopies littéraires"

sous la responsabilité de Philippe Mesnard et Yoann Sarrat

3 juin 2014

Maison des Sciences de l’Homme, Clermont-Ferrand II

Il y a donc des pays sans lieu et des histoires sans chronologie ; des cités, des planètes, des continents, des univers, dont il serait bien impossible de relever la trace sur aucune carte ni dans aucun ciel, tout simplement parce qu’ils n’appartiennent à aucun espace. Sans doute ces cités, ces continents, ces planètes sont-ils nés, comme on dit, dans la tête des hommes, ou à vrai dire, dans l’interstice de leurs mots, dans l’épaisseur de leurs récits, ou encore dans le lieu sans lieu de leurs rêves, dans le vide de leurs cœurs ; bref, c’est la douceur des utopies.

Ainsi commence la conférence de Michel Foucault qui, en introduisant ce nouveau concept d’hétérotopie, invite à réfléchir et à reconsidérer la notion d’espace. Comment l’espace est-il perçu, créé, engendré ou réinvesti dans/par l’univers littéraire ? Quelles en sont les diverses approches ? Quelles sont les répercussions ou les échos du concept d’hétérotopie dans la culture actuelle ? Quels sont les liens entre hétérotopie littéraire et, d’une part, d’autres hétérotopies, d’autre part, le réel qui, en tant que tel, peut être difficile à circonscrire ou à assigner à un espace homogène.

Eh bien ! je rêve d’une science – je dis bien une science – qui aurait pour objets ces espaces différents, ces autres lieux, ces contestations mythiques et réelles de l’espace où nous vivons. Cette science étudierait non pas les utopies, puisqu’il faut réserver ce nom à ce qui n’a vraiment aucun lieu, mais les hétéro-topies, les espaces absolument autres ; et forcément, la science en question s’appellerait, s’appellera, elle s’appelle déjà « l’hétérotopologie ».

Durant cette journée d’étude, nous nous proposons d’étudier des exemples marquants d’hétérotopies – littéraires ou autres –, en nous employant à les définir et en apportant une vision plurielle de ce concept. Il s’agit, en somme, de relever le pari interdisciplinaire de cette « hétérotopologie » proposée par Michel Foucault. Nous pourrons ainsi, dans un premier temps, analyser différentes sortes d’espaces et leur fonction dans les arts et en littérature (des latrines dans l’écriture de la Shoah… à l’usage du bateau ou du jardin dans la littérature) et, dans un deuxième temps, mettre en dialogue les façons de penser ces lieux dans diverses disciplines. Programme

9h – Accueil et ouverture de la journée

Première partie : paysages et espaces géographiques [présidence : Isabelle Galichon]

- 9h15 –Seyedeh Fatemeh Hosseini Mihan : « La poétique du jardin persan : de la poésie à la peinture »
- 9h45 – Marianne Jakobi : « Photographier les hétérotopies ? Remarques sur Andreas Husky et Allan Sekula »

- 10h15 – Discussion
- 10h45 – Pause

- 11h00 – Luba Jurgenson  : « paysage de la destruction »
- 11h30 – Pascal Desmichel : « la quête d’hétérotopie de Raymond Depardon »

- 12h00 – Discussion
- 12h30 – Pause repas

Seconde partie : espaces littéraires [présidence : Philippe Mesnard]

- 13h30 – Isabelle Galichon : « le pouvoir émancipateur de la banlieue dans le récit de soi, de la configuration littéraire à la représentativité politique »
- 14h00 – Yoann Sarrat : « les hétérotopies dans les œuvres de Pierre Guyotat »
- 14h30 – Vincent Petitjean : « penser l’hétérotopie avec Gilles de Rais ? »

15h00 – Discussion

- 15h30 – Françoise Le Borgne : « les masques des Lumières : une collection hétérotopique ? »
- 16h00 – Jean-Dominique Prieur et Rachel Dufour : « un regard croisé sur la ville et sur l’art vivant comme facteurs d’hétérotopies contemporaines »

16h30 – Discussion et conclusion

Yoann.SARRAT

Responsable(s) Celis :  Philippe Mesnard

Participant(s) Celis :  Yoann Sarrat

Date et lieu

  • le mardi 3 juin 2014 - lieu : MSH Clermont-Ferrand, salle 220